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  • mona abdel hadi sophrologue 75009

Les enfants solitaires

Solitude choisie ou subie ? Ou comment aider les enfants lorsque c'est nécessaire



Spécialisée dans l’accompagnement des enfants depuis plusieurs années, j’ai eu depuis la dernière rentrée scolaire, une petite série, d’accompagnements d’enfants dits

«timides», «introvertis», «solitaires», qui m’a donné envie de noter ici quelques réflexions sur le sujet. Car accompagner les enfants c’est toujours des moments authentiques et intenses, qui me font apprendre et avancer, alors autant les partager.


La première chose que j’ai constatée, et cela me paraît important de le préciser d’emblée, est que certains enfants sont seuls et qu’ils aiment ça, ce n’est pas toujours problématique !


C'est plutôt le fait de les désigner à travers des expressions comme «c’est un vrai sauvage», «elle est farouche comme une biche», «c’est un timide maladif» qui les enferme dans des mots-tiroirs où leur singularité, leur complexité, leur caractère unique ne peuvent que difficilement s’exprimer. Ces formules toutes faites peuvent aussi être le reflet d’attentes sociales ou familiales, elles font de l’enfant solitaire un enfant «un peu spécial», «différent», le pointent négativement.


Alors qu’en fait la solitude peut aussi être très vertueuse (nous verrons ensuite dans quelles situations, elle peut être mal vécue et nécessiter un accompagnement).


Le cercle vertueux de la solitude :

Quand un enfant joue seul ou se retrouve seul, il développe son autonomie, son sens de l’initiative, il apprend à se faire confiance et développe sa créativité. Les occupations qu’il réalisera seul sont souvent plus calmes, elles peuvent aussi l’aider à « recharger ses batteries » dans une journée bien remplie, où il est souvent  hyper sollicité.

Enfin, ce sont des moments qui permettent à l’enfant d’apprendre à être bien avec lui-même, il n’a pas toujours besoin des autres pour être bien et avoir du plaisir, particulièrement dans les moments de jeux ou de créativité. Cette qualité d’autonomie et de bien-être avec soi-même sans intervention extérieure, c’est déjà grandir et s’apprécier.


Souvent, lorsque j’accompagne des enfants dits «timides» et qui ont une vie sociales ou amicales insatisfaite, lorsque j'entends le fameux "je n'arrive pas à me faire des copains", je leur dis qu’ils vont commencer par eux-même à «devenir leur meilleur ami.e» avant de se faire des amie.e.s.

Certains témoignent alors directement de leur enthousiasme et du fait qu'ils se sentent déjà bien avec eux-mêmes. Nous travaillons alors plutôt sur leur capacité à communiquer, à avoir confiance en leur capacité à s'intégrer à un groupe, sur le fait de s'émanciper du regard des autres... D'autres vont réagir avec l'émotion qui affleure à cette idée, les yeux se mouillent, où le menton tremble. Il apparaît qu'être son meilleur ou sa meilleure amie se révèle être quelque chose de compliqué. Le travail portera alors plutôt sur le fait d'être bienveillant vis à vis de soi-même, de valoriser ses richesses personnelles, sur la confiance en soi et l'estime de soi...

Être de nature solitaire, comme chez certains adultes, n’a donc rien d’inquiétant. Le tout est de savoir jusqu’où elle est bénéfique. Ainsi lorsque la solitude n’est pas choisie, “La solitude trop longue devient souffrance” écrivait Françoise Dolto. Dans ces cas-là, l’enfant peut être malheureux, déprimé ou angoissé.

Il peut connaître la peur d’aller vers l’autre, développer une timidité importante voire de la phobie sociale.

Pour cela, il est important de bien identifier comment l’enfant vit ses moments solitaires, dans quelle mesure sa solitude est choisie ou pas.

S’il est triste, inquiet avec les autres, anxieux à l’idée de devoir être en groupe, alors il faut l’aider et l’accompagner pour qu’il se sente mieux.

La solitude peut aussi être vécue comme un engrenage négatif, lorsque celle-ci est le résultat de difficultés relationnelles, sociales qui souvent vont aller en s’accroissant plus l’enfant s’isole et souffre : un enfant qui a du mal à tisser des liens d’amitié, un enfant qui aura des difficultés à gérer ses émotions dans ses interactions avec les autres. La solitude peut également être le résultat d’un manque de confiance en soi, qui rend plus complexe les interactions sociales. 

Si l’enfant est « trop » souvent seul, et qu’il vit mal cette solitude, qu’il en souffre, il est important de lui venir en aide.


Comment aider au quotidien à la maison ?


  • Être positif 

Rien ne sert de dramatiser ou d’être négatif, on oublie les mots-tiroirs, on ne met pas la pression en le questionnant tous les jours au retour de l’école pour savoir s’il s’est fait des nouveaux amis. Il est préférable de mettre en avant les moments agréables et valorisants de la journée ou de la semaine.  


  • Dialoguer 

Parler, discuter, échanger… Il est important de comprendre ce que l’enfant vit, ce qu’il ressent, et le cas échéant d’entendre ses angoisses et lui permettre de nommer ses émotions sans les juger.  

Ces échanges pourront vous aider à apprécier si votre enfant à besoin d’une aide complémentaire : certains vont spontanément verbaliser leur besoin d'aide, d'autres auront un comportement qui vous indiquera qu'il faut l'aider.

Si de manière récurrente, il n’arrive pas à ou ne souhaite pas du tout échanger avec vous sur le sujet, s’il s’enferme, devient mutique ou agressif en évoquant le problème, ou s’il déborde d’émotions, que les vagues de tristesse sont fréquentes ou que l’angoisse, des crises de pleurs, d’énervement, de panique le submergent, tout cela indique qu’un accompagnement extérieur peut être utile. Selon la nature ou l’intensité des difficultés rencontrées, l’accompagnement pourra être psychologique, psychiatrique, et/ou mené par un professionnel de la relation d’aide (sophrologue, psychothérapeute, art-thérapeute…)


  • Stimuler les interactions

Vous pouvez aider votre enfant à développer sa capacité à s’ouvrir aux autres et échanger avec eux, en lançant des conversations où il sera actif (choisir des thèmes qui correspondent à son univers), en lui demandant ce qu’il a aimé, son avis, en l’incluant dans des jeux familiaux, en lui laissant l’initiative, et aussi en arrêtant de le surprotéger lorsque c’est le cas.

Proposer des occasions qui lui permettront de rencontrer d’autres enfants. Peut-être d’abord en petit comité, dans des contextes rassurants pour lui ou elle. Ou encore, l’inscrire à une activité comme le théâtre, la danse, ou un sport d’équipe. Bien sûr, il faut que votre enfant soit attiré par cette activité.

 

Les apports de la sophrologie

  • L’aider à cultiver une image positive de soi-même ;

  • Identifier ses émotions et ses ressentis sans jugement en toute bienveillance ;

  • Identifier ce qui est bon pour soi, « savoir ce qui me fait du bien vraiment »

  • Développer la confiance en soi pour « se sentir capable d’aller vers l’autre »

  • Apprendre à accueillir ses émotions et à les apprivoiser;

  • Lâcher prise face aux attentes et à la pression extérieures

  • Gagner en indépendance


Point de vigilance

Si ce comportement solitaire est survenu soudainement et/ou s’il est accompagné de signes associés tel qu’un manque d’appétit, des difficultés de sommeil, une tristesse permanente, une attention fragilisée, etc., s’interroger sur une souffrance psychologique et consulter un professionnel de la santé.

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